Le 13 juillet 2026, MIDEFEHOPS a organisé, dans la grande salle Saint-Joseph des Sœurs à Rubare, un atelier de clôture, de capitalisation et d’apprentissage du projet de réponse aux besoins en abris et articles ménagers essentiels en faveur des personnes déplacées et retournées dans la zone de santé de Rwanguba, territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu.
Mis en œuvre du 15 juillet 2025 au 14 juillet 2026 dans les sous-villages de Rutsiro I et II, ce projet a été exécuté par MIDEFEHOPS avec l’appui financier du Fonds humanitaire en RDC. Il avait pour objectif d’améliorer les conditions de vie, la dignité et la protection des ménages déplacés, retournés et issus des communautés hôtes les plus vulnérables.
Une réponse aux conséquences des conflits armés
Les conflits armés dans le territoire de Rutshuru ont provoqué d’importants déplacements de population et entraîné la destruction ou la détérioration de nombreuses habitations. À leur retour, plusieurs familles se sont retrouvées sans logement convenable, sans latrines familiales et sans articles ménagers essentiels pour reprendre une vie normale.
Ces ménages étaient également confrontés à des conditions d’hygiène précaires, à des risques de protection et à des conflits liés à l’occupation des terres et des parcelles. Face à cette situation, le projet a combiné la réhabilitation des abris, la construction de latrines familiales, la distribution d’articles ménagers essentiels et de kits d’hygiène intime ainsi que des actions de protection foncière, de redevabilité et de cohésion sociale.
Une attention particulière a été accordée aux ménages dirigés par des femmes, aux veuves, aux personnes âgées, aux personnes vivant avec handicap, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes souffrant de maladies chroniques et aux enfants chefs de ménage. Les ménages déplacés, retournés et issus des communautés hôtes présentant des besoins spécifiques ont également été considérés comme prioritaires.
Des résultats significatifs au bénéfice des communautés
Au terme de sa mise en œuvre, le projet a apporté une assistance à 1 200 ménages, soit environ 7 200 personnes. Parmi eux, 800 ménages ont reçu des articles ménagers essentiels et des kits d’hygiène intime. Ces bénéficiaires comprenaient 625 ménages retournés, 78 ménages déplacés et 97 ménages issus des communautés hôtes, dont 594 dirigés par des femmes. Le projet a également permis de distribuer 400 kits abris, de réhabiliter 400 maisons conformément aux standards du secteur Abris et de construire 400 latrines familiales.
Dans le domaine de la protection et de la cohésion sociale, 12 dialogues communautaires ont été organisés et 48 conflits ont été résolus grâce aux mécanismes de médiation. Deux comités de gestion des plaintes ont été mis en place et rendus opérationnels à Rutsiro I et II, ainsi qu’un comité de gestion des conflits. Par ailleurs, 45 autorités et leaders communautaires ont été renforcés sur les droits au logement, à la terre et à la propriété, les violences basées sur le genre, la PSEA et la protection.
Une approche fondée sur la participation communautaire
La participation des communautés a occupé une place centrale dans la mise en œuvre du projet. Les bénéficiaires ont été associés au ciblage, à la validation communautaire des critères, à l’exécution de certains travaux et au suivi de l’utilisation des ouvrages.
Les travaux de réhabilitation des maisons et de construction des latrines ont mobilisé la main-d’œuvre locale, notamment des charpentiers, des menuisiers et d’autres membres des communautés. Les ménages bénéficiaires ont également participé au remplissage des parois de leurs habitations avec de la boue. Cette approche a renforcé l’appropriation des ouvrages, favorisé le transfert de compétences et soutenu l’économie locale.
Des comités d’hygiène ont accompagné les ménages à travers des séances de sensibilisation sur l’entretien et l’utilisation appropriée des latrines familiales. Les femmes et les filles bénéficiaires des kits d’hygiène intime ont également reçu des informations sur l’utilisation des articles distribués, la protection, la prévention des violences basées sur le genre et les mécanismes de signalement disponibles.
Protection foncière et prévention des conflits
Au-delà de l’assistance matérielle, le projet a intégré la dimension des droits au logement, à la terre et à la propriété afin de réduire les risques de conflits fonciers auxquels étaient exposés les ménages retournés.
Les activités réalisées ont permis d’accompagner les communautés dans la vérification et la documentation de leurs droits d’occupation, l’identification des principaux facteurs de conflits et la recherche de solutions adaptées. Des témoignages d’occupation parcellaire ont été mis à la disposition des ménages bénéficiaires afin de renforcer la traçabilité de leurs droits et de prévenir les différends liés aux parcelles.
Les dialogues communautaires ont favorisé la médiation, le rapprochement entre les autorités locales et les communautés ainsi que la résolution pacifique des conflits. Un espace dédié à la médiation et à la gestion des conflits a également été construit et équipé.
Une feuille de route communautaire a été élaborée à partir des consultations avec les informateurs clés, de l’identification des facteurs de conflits et de l’analyse des mesures de prévention proposées. Cet outil permettra aux structures locales de mieux prévenir, gérer et résoudre les conflits tout en favorisant la cohabitation pacifique.
Des mécanismes de redevabilité accessibles
Afin de garantir une participation effective des bénéficiaires et un traitement rapide de leurs préoccupations, MIDEFEHOPS a mis en place deux comités de gestion des plaintes et un comité de gestion des conflits.
Des boîtes à suggestions et un numéro vert ont également été rendus disponibles pour faciliter la transmission des plaintes, des retours et des signalements sensibles. Au total, 117 plaintes ont été enregistrées, dont 80 plaintes à caractère social et 37 plaintes foncières.
Ces mécanismes ont permis de répondre aux préoccupations des bénéficiaires, de réduire les tensions liées au ciblage et de renforcer la transparence ainsi que la confiance entre les communautés, les autorités locales et l’équipe du projet.
Un atelier consacré au bilan et à la capitalisation
L’atelier de clôture a réuni 45 participants, dont 16 femmes, 28 hommes et une personne vivant avec handicap. Il a rassemblé les autorités locales, les représentants des services fonciers, les leaders communautaires, les bénéficiaires des activités Abris et AME, les membres des comités de gestion des plaintes et des conflits ainsi que les représentants de la zone de santé de Rwanguba et de l’aire de santé de Rutsiro.
Animée par l’équipe du projet de MIDEFEHOPS, la rencontre a permis de présenter les résultats obtenus, d’examiner les défis rencontrés, de recueillir les observations des différentes parties prenantes et de dégager les principales leçons apprises.
Les échanges ont notamment souligné l’importance de la validation communautaire des critères de ciblage, de la participation des bénéficiaires aux travaux, du recours à la main-d’œuvre locale et de la mise en place de mécanismes accessibles de gestion des plaintes et des conflits.
Des acquis à consolider
À travers cette intervention, MIDEFEHOPS, avec l’appui financier du Fonds humanitaire en RDC, a contribué à améliorer les conditions de logement, d’hygiène et de protection des personnes déplacées, retournées et des communautés hôtes vulnérables de Rutsiro I et II.
La combinaison de l’assistance en abris, des articles ménagers essentiels, des kits d’hygiène intime, de la protection foncière, de la médiation et de la participation communautaire a permis de répondre aux besoins immédiats tout en renforçant les capacités locales.
La pérennisation des comités communautaires, des mécanismes de gestion des plaintes, de l’espace de médiation et des pratiques d’hygiène sera essentielle pour préserver les acquis du projet et renforcer durablement la résilience ainsi que la cohésion sociale des communautés de Rutsiro.